Gaz de schiste, nucléaire, LGV, audit citoyen de la dette : même combat ?

Gaz de schiste, nucléaire, LGV, audit citoyen de la dette : même combat ?

Sur nos territoires des femmes et des hommes sont engagés dans des combats contre l’extraction des gaz de schiste (permis de Cahors, de Beaumont de Lomagne), contre la construction de nouvelles lignes à grande vitesse (LGV GPSO), pour la sortie du nucléaire ou pour un audit citoyen de la dette publique.

Comment expliquer la multiplication des luttes sociales et environnementales ? Au-delà de la diversité des individus et des opinions qui les composent, qu’ont-elles en commun ?

S’opposer au passage d’une LGV dans sa commune ou son quartier peut sembler à première vue une attitude individualiste de repli sur son patrimoine : « Not in my backyard » (NIMBY) comme disent les Anglais. S’opposer au nucléaire ou à la LGV ce serait s’opposer au progrès, quant au refus de la rigueur budgétaire ce serait vraiment irresponsable !

Rétrogrades et irresponsables ces combats ?

Démocratie participative et démocratie directe de fait. Dans les associations anti-LGV et dans les collectifs, on vient s‘informer, s’exprimer, débattre. Certains acquièrent une véritable expertise. Ils proposent aussi des alternatives. Voter une fois tous les 5 ou 6 ans ne leur suffit pas, ils veulent décider ici et maintenant. Ils interpellent les élus, trop souvent dans l’incapacité de répondre quand ils ne sont pas carrément dans le refus méprisant du débat, comme sur le nucléaire où le secret et la contrainte ont été de mise.

Avec la trahison du vote de 2005 par la majorité de nos représentants, la démocratie représentative est discréditée. Alors, il faut refonder la démocratie.

Des combats liant les enjeux de l’environnement et du choix de société. Extraction des gaz de schiste, nucléaire hypertrophié et vieillissant, lignes à grande vitesse sont des technologies destructrices pour l’environnement et/ou potentiellement dangereuses pour notre santé.

Nucléaire et LGV sont très coûteux. Par exemple, le rapport d’expertise indépendante du cabinet Claraco démontre que la modernisation de la ligne Bordeaux-Toulouse coûterait 3 à 4 fois moins cher que la construction de la LGV qui ne permettra qu’un gain de temps très réduit . Et l’électricité nucléaire n’est pas bon marché si on intègre dans le coût le démantèlement des centrales, la mise en sécurité, l’entretien des vieilles centrales, la surveillance pendant des milliers d’années de déchets radioactifs…

On prend conscience que les ressources non renouvelables ont un caractère « fini », qu’il faut faire décroitre nos consommations d’eau, d’énergie, relocaliser les productions agricoles et industrielles.

Le procès d’un système ultralibéral et productiviste. Dans ces associations et ces collectifs, altermondialistes, anticapitalistes et antilibéraux portent les analyses qui font peu à peu leur chemin. Ils savent que dès les années 1980, les gouvernements de droite et même de gauche (sociaux-démocrates) ont libéralisé les échanges de marchandises, de capitaux et les services. Le principe qui prévaut est la concurrence « libre et non faussée ». Des services publics ont été privatisés ou transformés en entreprises. Dans l’énergie, les transports ferroviaires, la Poste, fini le monopole public, avec comme conséquences la disparition des tarifs uniques, la hausse des prix, les usagers traités en clients, la réduction de l’offre de services…

La forte hausse de la dette souveraine sert de prétexte à une réduction encore plus violente des dépenses publiques, alors qu’une des causes des déficits et de la dette d’Etat est la baisse incessante des recettes fiscales et la soumission voulue aux banques privées.

Des propositions alternatives. Associations et collectifs en lutte ont des propositions convergentes, par exemple :

  • en place du nucléaire et de l’extraction des huiles et gaz de schiste, un programme de développement des énergies renouvelables et un choix de société en faveur de la sobriété énergétique, de la relocalisation des activités économiques,
  •  des pratiques nouvelles et variées de démocratie pour favoriser la participation des citoyens à la vie de la cité, des droits politiques plus étendus dans l’élaboration des politiques et des lois et des droits sociaux nouveaux.

Finalement ces luttes sont l’expression d’une double tension. Les citoyens se réapproprient la politique et la capacité de décider de leur destin et ils entreprennent de transformer radicalement des modes de pensée, de consommation, de production et d’échanges de notre société néolibérale.

C’est justement le sens de notre combat à Attac.

Jeannine MEIGNAN

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